Développement durable : les acteurs locaux en première ligne
À la une rédigé(e) par Anne Lyonnet le 2 février 2010
Publié(e) dans la catégorie Initiatives
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Créée il y a maintenant sept ans (en 2003, autrement dit à l'aube du phénomène), la « semaine du développement durable » marquera cette année encore d'un point « vert » la première semaine d'avril. Le mot d'ordre de cette édition 2010 : valoriser les changements de comportements observés depuis le Grenelle environnement. Autant dire que la communication est concernée par l'appel à projets. Peu avant se tiendront les secondes Rencontres nationales communication publique et développement durable à Angers. L'occasion d'une réflexion sur la place de la communication publique dans la stratégie DD des collectivités locales.
Pas encore marronnier, la « semaine du développement durable », du 1er au 7 avril prochain, est l'occasion, une fois l'an, de provoquer projets et manifestations en tous genres (4 300 l'an dernier), appuyés par le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du développement durable et de l'Aménagement du territoire sur appel à projets. L'objectif affiché cette année est d'inciter les Français à modifier durablement les comportements quotidiens en démontrant l'efficacité de ce qui a été fait. Entreprises, collectivités locales, organismes publics, associations, seront aussi nombreux à répondre à l'appel de cette 8e édition.
« Le développement durable est la petite musique de fond qui doit désormais accompagner toute communication » affirme Frédéric Dorville, responsable communication de la ville de Voreppe. Depuis 20 ans, les acteurs locaux sont les fers de lance du changement de comportement.
Mais, bien avant de tenter de vulgariser la notion de développement durable - mauvaise traduction de sustainable development - ils ont porté le sujet phare du tri des déchets.Paris communiquait sur sa poubelle bleue : « découvrez l'endroit magique où le journal d'hier se transforme en journal de demain » , Sartrouville sur le recyclage du verre « le verre çà ne prend pas de bouteille, çà se recycle ». C'était il y a 17 ans.
Parti de cet angle si particulier, le message à « transmettre » s'élargit au fur et à mesure des années, des actions et priorités publiques comme des décisions nationales, essentiellement en matière d'environnement et de l'urgence environnementale. Au détriment sans doute des aspects sociaux et organisationnels plus difficiles à aborder et du coup à transmettre...
Du tri, la communication s'étend sur les manières de consommer, sur les « petits gestes » qui servent les « grands effets ». C'est avec cette formule que le Conseil général du Territoire de Belfort communique en 2007 pour renforcer l'éco-citoyenneté. Le Conseil général de la Gironde invente lui le concept des Écomatismes pour sensibiliser les girondins sur « comment mieux consommer » en 2008.
Avec la crise de l'énergie, les modes de transports deviennent rapidement des sujets forts de la communication des collectivités en matière de développement durable. Le langage « public » et « local » du DD s'élabore. En 2004 la ville de Besançon incite les agents de la collectivité à se déplacer autrement qu'en voiture particulière dans le cadre de son PDE. 2005 est l'année de « Vélo'v » pour le Grand Lyon qui a mis en place le vélo en libre service et qui en a fait un outil de promotion des déplacements doux. La région Aquitaine soutient en 2007 le ferroutage pour « éviter çà ».
Aujourd'hui, signe des temps et de l'impact de la notion de transformation des modes de vie et du coup des priorités et investissement publics, les campagnes ont évolué. Elles abordent la mobilité en général. En 2009, la ville de La Rochelle offre une campagne de communication remarquable sur sa nouvelle offre intermodale de transports publics « Yélo », dans le but de modifier les comportements de mobilité.
Les champs se multiplient et s'élargissent sans cesse. Et des messages hier inaudibles ou inexistants sont devenus communs. Le SIAAP (Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne) communique sur le traitement des eaux salies avec son film d'animation « l'eau est un trésor », et l'Agence nationale de l'habitat fait campagne pour convaincre les propriétaires à revenus modestes de bénéficier d'aides financières pour la rénovation thermique de leur logement.
Plus que sur une thématique précise, c'est désormais sur la stratégie globale « DD » que porte la communication publique.
Parmi les exemples les plus récents, Bordeaux lance une plateforme digitale « atelier 21 ». Les objectifs de ce lieu virtuel, impulsé et co-conçu par la dir'com et la direction DD : mettre en réseau et faire circuler des idées pour agir en faveur du développement durable, pour habiter, se déplacer et consommer autrement, ou clairement mieux vivre ensemble. Collectivité, association, citoyen, chacun crée l'information et la communication, bien qu'impulsé par la collectivité.
Ça y est : le grand public est au courant... il est même concerné.
Parce qu'aussi le contexte global a changé. À grands coups de campagnes de plus en plus vertes, de coups de gueule (ou de com) de personnalités et de médiatisation d'un Grenelle de l'Environnement, on assiste à une prise de conscience générale. Yann-Arthus Bertrand interpelle la population avec de « belles » images, Nicolas Hulot mobilise avec un film, Claude Allègre gèle l'ambiance avec la négation du réchauffement climatique, Copenhague s'il est un échec politique est aussi et surtout un succès médiatique.
L'histoire de la communication publique et du développement durable doit désormais se conjuguer au futur. Aux acteurs locaux d'être prospectifs et incitatifs et de se demander comment placer la communication au cœur de la stratégie développement durable des collectivités locales. Cap'com et la ville d'Angers propose de réfléchir sur cela le 25 et 26 mars prochain à l'occasion des 2e Rencontres nationales communication publique et développement durable.
Pour aller plus loin :


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Proxité Durable propose différents outils et moyens de communication, permettant aux acteurs du développement durable de répondre à leur volonté ou obligation d’informer, d’expliquer, de valoriser et de faire comprendre le développement durable.
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Le département citoyen de l’agence Proxité, qui fêtera ses 5 ans cette année, continue à développer son expertise en communication territoriale, en œuvrant pour bon nombre de collectivités : audit, enquêtes/études, démocratie locale, création graphique, réalisations audiovisuelles, conception web, conseil stratégique, formation…