Réseaux sociaux : le débat change de nature.
À la une rédigé(e) par Florent Bonnetain le 19 janvier 2010
Publié(e) dans la catégorie Initiatives
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La présence des collectivités locales sur les réseaux sociaux a été au cœur des rencontres des 14e Rencontres des acteurs de l'Internet qui se sont tenues à Autrans les 13, 14 et 15 janvier dernier. Faut-il y aller ou pas ? Le débat, déjà posé, change de nature avec l'explosion des usages du web social.
La France compte 40 millions d'Internautes. Plus de 16 millions fréquentent au moins un réseau social du type Facebook dont 4 millions quotidiennement. Les usages du web social ont largement dépassé le phénomène de mode. Il se crée sans cesse de nouveaux médias et réseaux sociaux aux formats et aux audiences diversifiées. Le débat change donc de nature. De la question « Faut-il y aller ou pas ? » on glisse vers « Comment investir les réseaux sociaux ? ». La première est très bien illustrée dans le face-à-face entre Jean-François Legat, dircom de Rive-de-Gier, et Geneviève Pellier, dircom de Caluire, publié dans le dernier numéro spécial collectivités d'Intermédia.
Tout le monde s'accorde sur deux points. D'abord sur le fait que les collectivités ne peuvent rester en dehors de la marche du monde. La blogosphère a montré que le web avait horreur du vide. Si les collectivités n'investissent pas elles-mêmes les espaces ouverts par le web 2.0, d'autres le feront. Qu'elles le veuillent ou non, elles seront concernées par les débats locaux initiés par les citoyens eux-mêmes. La question porte donc sur le rôle qu'elles ont à jouer sur le web social. Mais il faut pour cela accepter une remise en cause du modèle de communication descendante. La perte de la maîtrise complète du discours fait peur aux élus. De même qu'un débat totalement ouvert et visible, bien plus qu'une réunion publique physique qui paraît plus maîtrisable.
Second point : il ne s'agit pas d'une simple question technique. La présence des collectivités sur le web social est une question politique et stratégique. Politique parce qu'elle renvoie au positionnement de la démocratie participative dans la gouvernance locale. Stratégique parce qu'elle n'a d'intérêt que si elle est intégrée à une stratégie globale de communication avec des objectifs et des moyens clairement identifiés. Une simple présence sur Facebook ou Twitter pour paraître in ne suffit pas. Au risque d'être contre-productive. Chaque collectivité doit donc bien définir le périmètre de sa présence sur le web social. Choisir les bons réseaux en fonction de son propre projet politique, et ne pas chercher l'exhaustivité, pour mieux les travailler. L'investissement fondamental ne se fait pas sur l'outil mais sur la gestion de la relation humaine qu'il y a derrière. En bref : il faut dégager du temps pour interagir avec les citoyens.
Depuis quelques mois, les initiatives se multiplient dans le monde local : création de pages Facebook, partage de photos ou vidéos sur les médias sociaux, développement de réseaux territoriaux propres. Une enquête Uséo, dont les premiers résultats ont été présentés dans l'atelier animé par Cap'Com à Autrans, montre que 15 des 50 plus grandes villes de France disposent d'un compte Twitter. Elles sont 53 au total, toutes tailles confondues. Les expériences sont encore très disparates et sont très liées à la culture personnelle des dircoms et des élus.
La puissance des réseaux sociaux appelle une révolution culturelle. Les collectivités et leurs élus doivent s'adapter à un univers conversationnel dont les cadres sont très différents des cadres habituels. Les Geek en conviennent : il est nécessaire de bien anticiper les moyens mobilisés avant même d'investir le web social pour éviter de se laisser déborder. Finalement, le pire pour les collectivités serait peut-être que ça marche !
Pour aller plus loin :


Cap'Com publie chaque quinzaine par email une lettre d'information gratuite sur la communication publique et territoriale.

"La présence des collectivités locales sur les réseaux sociaux A été..."
"Second point : il NE s'agit pas..."