Le PS et l'UMP lancent leurs propres réseaux sociaux.

Article rédigé(e) par Florent Bonnetain le 18 janvier 2010
Publié(e) dans la catégorie Initiatives
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De manière presque concomitante le PS et l'UMP se lancent dans l'univers du web social en créant leurs propres plateformes communautaires. Le succès de la campagne Obama et l'exemple des réseaux sociaux d'entreprises ou des réseaux territoriaux ont incité les partis politiques à franchir le pas. Derrière des dispositifs techniques différents, ce sont deux conceptions de la participation politique qui s'affichent et s'affrontent.

Le PS et l'UMP ne sont pas les premiers à créer leurs propres réseaux. Leur initiative, du fait de leur force de frappe, officialise néanmoins l'acte de naissance du débat politique 2.0. L'enjeu est stratégique pour mobiliser militants et sympathisants. Preuve en est le montant des investissements consentis par chaque parti pour mettre en place sa plateforme : 250 000 € pour le PS, le double pour l'UMP. Si l'analyse du contexte est partagée par l'ensemble des partis politiques, elle se traduit par des orientations spécifiques et donc des outils différents.

La coopol, le réseau social du PS est conçu avant tout comme une boîte à outils au service des militants. Il permet à chaque section d'organiser ses réunions, ses débats et ses actions sur le terrain. Il permet également à chacun de participer à des groupes thématiques, comme cela fonctionne dans la tradition militante du PS. Les secrétaires de section se sont vus confier la modération du réseau en ligne. Ils jouent un rôle essentiel dans l'animation de la communauté virtuelle comme physique.

À l'inverse, Les Créateurs de possibles, le réseau de l'UMP, ne place pas les individus au centre du dispositif mais les contenus. Il est avant tout destiné à faire remonter l'information et permettre aux internautes de proposer leurs propres initiatives. La plateforme est donc avant tout un outil de débat qui n'a pas pour objectif d'animer une communauté existante, celles des militants, mais d 'en fédérer une nouvelle.

Les deux réseaux ont en commun de proposer une charte graphique propre, sans lien direct et clair avec les partis politiques auxquels ils sont attachés. Ce choix correspond à la vocation des réseaux sociaux d'élargir l'audience des partis au-delà des seuls militants. Là réside tout l'enjeu : accroître et surtout fidéliser l'audience des réseaux. Car ces réseaux politiques sont soumis, comme les réseaux publics type Facebook, à la loi de Metcalfe selon laquelle l'utilité du réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs. Les réseaux sociaux ouvrent la voix d'une nouvelle participation à la vie démocratique. Mais tout reste à faire. Car le facteur de réussite n'est finalement pas l'outil, aussi perfectionné soit-il, mais bien la relation humaine qu'il y a derrière. Le web social version PS et UMP aura valeur de test.

Retrouvez l'analyse comparée des deux réseaux sociaux sur les sites du Monde et du Figaro.

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