Confiance, proximité et communication

Article rédigé(e) par Bernard Deljarrie le 18 janvier 2010
Publié(e) dans la catégorie Initiatives
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D'après le dernier « baromètre de la confiance politique», la confiance des français dans leurs institutions est très directement liée à leur proximité. Voilà un résultat qui confirme bien d'autres études sur l'attachement des français à leurs collectivités locales. Mais les résultats de ce nouveau baromètre, réalisé par TNS-SOFRES pour le Cevipof, apportent des données intéressantes pour les communicants publics sur les éléments qui construisent cette confiance dans les institutions comme vis-à-vis des élus.

Environ 2/3 des Français interrogés par TNS-Sofres ont confiance dans les institutions locales (communes, départements et régions) mais guère plus d'1/4 a confiance dans les institutions nationales (présidence et gouvernement), révèle le « baromètre de la confiance politique ». Il fait aussi apparaitre la relativement bonne cote de confiance des institutions européennes, plus proche de 1 français sur 3. Le classement est le même pour les personnalités politiques. Le maire reste plébiscité avec une confiance de 69 % des français, et au bas de l'échelle stagne actuellement le Président de la République.

Les chiffres, présentés lundi 11 janvier 2010, confirment tout à fait l'intervention de Pascal Perrineau, lors du grand débat du Forum Cap'Com de Saint Etienne, en décembre dernier. Pour le directeur du Cevipof " les français font preuve d'un attachement particulier pour leurs élus locaux et surtout pour leur maire. Cela montre que la politique échappe en partie à la profonde crise de confiance qui affecte à la fois les institutions et la classe politique ".

Mais quels sont pour les français les leviers de cette confiance qu'ils accordent à leurs élus ? Les deux premières qualités attendues sont l'honnêteté et la capacité à tenir ses promesses. Ensuite viennent la proximité avec les gens, la connaissance des dossiers puis la compétence. Ces qualités semblent, pour les français, insuffisamment portées par les responsables politiques qui sont fortement critiqués parce qu'ils ne tiennent pas assez compte de ce que pensent les gens. 78% des sondés leur font ce reproche.

Cette perte de confiance, dans certaines institutions et dans leurs représentants élus, profite aux experts. Le gouvernement des experts semble une opinion montante lorsque l'on constate que d'après cette étude « 60% des sondés estiment qu'il faudrait que ce soit les experts et non le gouvernement qui décident ce qui est meilleur pour le pays ». En revanche elle ne profite pas à la presse dont la perte de confiance, révélée par ce baromètre, semble précéder et accompagner la crise qui menace son existence.

C'est une banalité de dire que la confiance et la communication sont étroitement liées et dépendent l'une de l'autre. Pour les institutions comme pour les responsables politiques, regagner de la confiance passera donc par la communication. A la condition que la communication sache se construire sur les valeurs attendues par l'opinion qui sont aussi les valeurs qui fondent la communication publique :  la transparence et l'honnêteté, la proximité et le dialogue. Voilà donc un nouveau défi pour les communicants publics !

Cette étude, qui aborde bien d'autres thèmes, apporte encore d'autres éclairages utiles aux communicants publics. Comme par exemple qu' 1/3 des français n'utilise pas encore personnellement internet, que 2/3 regardent tous les jours un journal télévisé, TF1 en tête, et que 50% affirment s'intéresser beaucoup ou assez à la politique, et autant déclarent que notre démocratie fonctionne très bien ou assez bien.

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