Pour une véritable communication de service public

À la une rédigé(e) par Dominique Mégard le 31 mars 2008
Publié(e) dans la catégorie Initiatives
Thèmes abordés :

Suite à la proposition de loi du député Pierre Morel-A-L'huissier tendant à limiter les dépenses annuelles de communication des collectivités territoriales à 0,3 % de leur budget global, la communauté de communicants publics et territoriaux se mobilise.

En réponse à l'initiative du député de la Lozère, Cap'Com lance un manifeste de défense de la communication publique. Signez et faites signer ce manifeste par vos collaborateurs, par vos élus et par toutes celles et ceux qui croient en un véritable service public de la communication. À l'orée d'un nouveau mandat, il est primordial de réaffirmer l'importance de la communication dans l'action publique.

Pour en savoir plus : http://manifeste.cap-com.org

Prenez part au débat en réagissant dans la partie commentaires dans la suite de l'article.

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lundi 31 mars 2008 17:33 par zouzou
Tout simplement hallucinant qu'un maire d'une commune de 376 habitants puisse faire le mariole à l'Assemblée... 0,3 % et pourquoi pas 0,2 ou 0,4 % ?
Retournez en Lozère Monsieur le Député, vos vaches, elles, n'ont pas besoin d'information ! Vos ouailles vivent-elles encore dans l'obscurantisme ? Vous n'avez pas trouvé d'autres moyens de faire parler de vous ? Redevenez sérieux et laisser travailler les gens qui ont d'autres chats à fouetter qu'à rédiger des projets de loi inique. débile. Et dire qu'il est membre de la commission parlementaire pour le Tibet...
Au secours !

lundi 31 mars 2008 17:43 par magnira
Cela me rappelle certains lois "dites scélérates"...Cette loi aurait elle cependant une chance même infime de passer dans la mesure où elle se heurterait au Conseil Constitutionnelle et le sacro-saint bloc de constitutionnalité qui comprend la liberté de communication ?

mardi 1 avril 2008 08:46 par paule
Soyons efficaces, soyons lucides :
qui ne regrette pas les bulletins de collectivité sur papier glacé (encore, eh oui, pas qu'en Lozère), affichant à toutes les pages le sourire de l'élu, moins informatifs que pratiquement propagandistes...
Qui parmi nous n'a jamais eu envie de dire à son élu qu'il/elle n'est pas chef de la Propagandastaffel?
Ce ménage là est certainement à faire.
Et c'est à nous, avec nos élus, de le faire, par la qualité et la cohérence de nos pratiques, par le professionnalisme de chacun, par l'éthique.
Pas la loi, l'éthique.
(Vous n'auriez pas un problème ? parce que j'ai une loi à proposer...)
Nous le savons bien, en vis-à-vis, c'est la crédibilité de l'action publique qui est en jeu.
Dans mon domaine, l'environnement, la loi européenne (notre loi) fait obligation d'informer, d'assurer la transparence, d'associer, de faire participer, voire de consulter et de tenir compte des résultats des consultations. Parce qu'à défaut les politiques de l'environnement piétinent, ne sont pas mises en oeuvre, échouent.
Et c'est ça qui finit par nous coûter à tous très cher, l'échec de politiques publiques, l'impossibilité de faire adopter des politiques publiques partagées.
Alors oui, ça vaut le coup de défendre une communication publique éthique et de qualité.

mardi 1 avril 2008 10:36 par vincent
Poussons le raisonnement à l'extrême. Pourquoi se contenter de limiter les dépenses de communication des services publics quand on pourrait aussi utilement limiter les dépenses de communication des services privés ? Je pense notamment aux millions dépensés à promouvoir des services de renseignement téléphoniques, autrefois publics et désormais donnés au privé (toutoutouyoutoup), qui a gaspillé des fortunes pour se livrer à une concurrence dont on peut se demander quel aura été in fine le bénéfice pour l'usager... Amélioration du service ? Baisse des coûts ?

mardi 1 avril 2008 12:44 par vanessa
Mais dans quelle ére vit ce cher monsieur? Et dans quel monde? Entre l"'obligation des collectivités publiques d'informer, d'être transparentes et les enjeux et défis auxquelles elles sont confrontées aujourd'hui, la communication des collectivités n'a jamais été aussi essentielle! Alors quant à réduire les dépenses, peut-être pourrait-on commencer par certains salaires ou par les dépenses protocolaires...

mardi 1 avril 2008 15:46 par guy
Premier adjoint au maire d ' une commune de 5500 habitants et délégué à la communication je suis surpris par cette proposition.En effet,chez nous la communication ne peut pas être réduite à de la propagande politicienne .Elle revêt une fonction essentielle qui est la mise en valeur de l ' action de notre tissu associatif qui anime le village et propose des actions éclectiques pour le citoyen.Cela évite entre autres choses de faire de notre commune un village dortoir et contribue au bien être de tous.On pourrait bien évidemment citer d ' autres exemples mais celui-ci me tient plus particulièrement à coeur.Sachant que le recours à la loi n ' est pas nécéssaire.Le budget et les engagements concernant la pression fiscale pris récemment devant les électeurs sont les garde-fous les plus sèrieux.

mardi 1 avril 2008 17:39 par yann
Quelles sont les motivations de ce député ? Quelles analyses porte-t-il pour appuyer sa proposition, qui apparaît bien sibylline ? Comment peut-il calibrer ce 0,3% pour l'ensemble d'une politique de communication ET de relations publiques ? Voilà un invité de marque pour nos futurs débats nantais.

mardi 1 avril 2008 18:02 par Canard
Simple citoyen, j'estime comme fondamental pour tout détenteur de mandat, donc pour tout ECPI de considérer comme une obligation de confiance de rendre compte de son action. Donc d'en avoir les moyens. Comment concevoir autrement l'éducation civique, et développer l'intérêt pour la chose publique et la démocratie ? Ce "législateur" est-il frappé par le syndrome du secret dont aiment à s'entourer les hommes politiques non sincèrement républicains ?

jeudi 3 avril 2008 19:17 par Jean-Louis
Comme mon intervention, en réponse à M. Florent Bonnetain, paraît avoir été censurée dans la liste de discussion du Territorial, je la publie ici.
J?ignore si c?est ce type de dépense qu?il faut limiter ou augmenter, mais ce que je sais par contre, pour avoir vu cette communication fonctionner, c?est qu?elle est plus souvent descendante (et parfois grossière propagande) que montante : attentes des habitants et de ceux qui occupent un emploi sur le territoire concerné, réactions à un bilan en cours de mandat lorsque l?exercice est pratiqué, possibilité de s?exprimer à la manière des commentaires dans les blogs dans un site initié par sa collectivité.
Il s?agit parfois de faire en même temps, voire d?abord, la promotion d?un élu ou d?une équipe (voir l?intervention de Paule plus haut), plutôt que d?instruire de façon contradictoire un dossier. La parole n?est pas toujours donnée aux listes d?opposition sur le bulletin municipal, et quasiment jamais aux « laïques », alors qu?ils expriment une opinion aussi (une grande partie de la population ne s?intéresse que peu au jeu proprement politique) et qu?ils peuvent avoir des compétences (la société civile).
Les consultations publiques sont souvent, sinon parfois, un vrai moment de démocratie (même si des associations peuvent faire écran avec le public), avec une amélioration des projets à partir d?attentes exprimées par la population et des compétences qui s?expriment dans la société civile. Pour que ça fonctionne autrement que comme pratique de validation, il faut effectivement des moyens. Peut-être les militants de Cap?Com sont-ils d?ardents défenseurs de cette communication qui sort des pratiques de promotion ou de validation ? Il y a alors beaucoup à faire .. et ce n?est pas qu?une question de moyens.

jeudi 3 avril 2008 21:52 par Fabrice Jobard
Bjr,
désolé Jean-Louis, mais il n'y a pas de censure sur la liste territoriale... Avez vous bien envoyé votre mél... car je ne l'ai pas eu sur la liste "communication" ! Quant au débat, je partage votre point de vue, même si je ne suis pas (par nature...) très "pétitionniste". Je suis à la fois agacé que l'on veuille se faire "mousser" sur la communication territoriale : nous ne sommes plus dans les 80's... elle a beaucoup changé. et... un peu étonné que l'on monte plus facilement au créneau pour défendre les sous que les hommes (et les femmes) qui (une fois de plus) sont victimes du spoil system lié aux alternances. La situation actuelle est un gâchi sans non, mais faute de leadership, on laisse faire comme toujours. Pour le "bridage" financier de la comm territoriale, la réaction est plus prompte... serions nous plus sensibles au lobby des agences ?
Je sais je ne vais pas (une fois de plus) me faire des copains... Amitié à tous !

vendredi 4 avril 2008 08:14 par ghudel
Monsieur Morel A L?Huissier, qui fut en son temps l?un des affectionnés porte-flingues de Jacques Blanc à la Région Languedoc-Roussillon est, de facto, un connaisseur averti des dérapages, dépassements et autres indécences en matière de communication publique?
Et c?est sans doute parce qu?il coule aujourd?hui des jours heureux de députation ouatée non loin de son ex-patron, que lui a poussé sur la tête l?auréole de la moralisation des finances publiques...

Mais voilà !

Au risque de ne point bêler avec les loups, et d?aller à contre-courant de la bien-pensance communicationnelle, je pense qu?il a parfaitement raison, monsieur le Député de la Lozère profonde!
Qui fera croire ( et à qui, du reste ?) que la communication des collectivités locales n?est pas, d?abord et avant tout, celle des élus en place ? Qui peut sérieusement affirmer que sous couvert d?information locale, les actions menées ne sont pas dans la majeure partie des cas, d?abord et avant tout, des actions de promotion personnelle à forts relents pré-électoraux ?

Ce fougueux manifeste, proposé à la signature des « professionnels de la profession » est soit d?une naïveté confondante, soit d?une duplicité non moins?
Je n?ai pas compétence pour juger du pourcentage qu?il conviendrait d?affecter aux dépenses de communication ; je suis certain par contre que ce principe du contingentement va dans le sens de la moralisation, n?en déplaise aux révoltés signataires de ce manifeste, parmi lesquels la forte proportion de prestataires extérieurs est bien compréhensible : rien n'est plus déplaisant que la fermeture du robinet d'eau chaude lorsqu'on est sous la douche !

vendredi 4 avril 2008 08:38 par Jean-Louis
Ah quand même, des « nuances » s?expriment sur le sujet !

Je n?ai pas dit que j?étais censuré sur la liste du Territorial, parce qu?il n?y a pas de quoi, mais je me posais la question. J?ai bien reçu l?accusé de réception correspondant à mon envoi du 2 avril, puis d?autres messages ont été diffusés sur la liste COM, mais pas le mien. Il est possible que le modérateur ait de nombreux messages à examiner.

vendredi 4 avril 2008 11:12 par olb
de fait il y a des commentaires qui sont effacés...ainsi va la cybercommunication !!!!
mais peu importe
j'ai signé et persiste !
B O

lundi 7 avril 2008 10:50 par André Pereira
La communication est un des 4 piliers d'une gestion de projet efficace. Comment se passer d'un des leviers d'action publique ? L'Etat s'en passe t il lorsqu'il cherche à nous convaincre de l'utilité de la réduction des dépenses publiques ? De la modernisation des politiques publiques ? Les collectivités locales sont les plus vertueuses dans la gestion d'un budget public...preuve que la communication ne peut être incriminée à tout va ! Loi ridicule, loi passionnelle, irrationnelle et sortie d'un esprit emprunt de démagogie et qui se soucie vraiment très peu de l'efficacité de nos administrations...

lundi 18 mai 2009 17:25 par aide juridique
les services publics

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